FUTUR

FUTUR

Pour parler du futur, c’est bien de se pencher un peu sur l’histoire, non ?

L’histoire officielle, celle des livres qu’on lit en classe, celle que crachotent les journaux, les radios et la téloche nous colle sur le front une étiquette sans appel : éternel vaincus. Fusillés du mur des fédérés, écrasés par les bolchos en Ukraine ou à Cronstadt, réfugiés espagnols, massacrés au Rojava, la chanson est lancinante… vos idées ne tiennent pas la route, puisque partout où vous vous dressez, vous finissez le front dans la boue…

Et pourtant, comme dit la chanson, « y en a pas un sur cent, et pourtant ils existent, les anarchistes ! », et toujours debout, obstinément debout, toujours une nouvelle idée à tenter, toujours une lutte à mener…

Bras dessus, bras dessous, en AG, dans la rue, en train de s’engueuler (fraternellement, bien-sûr) avec de foutues idées…

Chaque lutte est pourtant une victoire ! Une victoire sur le fatalisme, sur l’a-quoi-bonisme, sur la résignation. Chaque génération reçoit en héritage les mêmes foutues idées, les adapte au monde du jour, reprend la lutte, rêve d’émancipation, s’approprie les idées et les modes de lutte, en invente de nouvelles, et l’idée, la petite flamme, ou l’incendie vie, rassemble !

Chaque manif à laquelle vous participez, chaque AG, chaque lutte, blocus, rond-point, piquet de grève… regardez autour de vous, il y a forcément un anarchiste !

Vaincus ? Regardez comment l’histoire a traité les bolchos, regardez ce que la social démocratie est devenue ! Avalés, absorbés, réduits en poussière par le capital, transformés en marchandise, ou en alliés (idiots utiles, disait Vladimir…). L’idée d’émancipation ne peut pas mourir, car le désir de liberté est chevillé en nous. Nous passons, nous vivons, nous expérimentons, nous luttons, des traces de nos luttes subsistent dans la politique de l’état providence, passent, reviennent, mais l’idée, elle ne meurt pas.

Elle change de forme, de mots, elle invente des modes d’organisation, elle critique, elle se rit des fusils et des brodequins, elle court les champs, elle squatte, elle joue très fort de la musique qui fait danser les jeunes et les vieux, elle réveille la nuit…

Mille fois vous l’écraserez, mille fois vous l’éborgnerez, mille et une fois, elle resurgira, petite fleur dans la faille du béton de votre monde !

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