DÉSERTION

DÉSERTION
Il n'y a rien, et rien n'est fait pour que ça change !

Face à la répression implacable qui s’abat sur le mouvement lycéen, face à la militarisation croissante de l’appareil d’État, à la surveillance inévitable qui s’insère dans le moindre interstice de nos vies, on se demande parfois si déserter n’est pas la dernière solution.

Coluche disait « Si tout le monde arrêtait d’acheter, ça ne se vendrait plus », et c’est bien de cela qu’il s’agit ! Déserter, filer à l’anglaise, ou, pour paraphraser Breton, « n’être là pour personne » !

Voilà ce qui nous reste !

Au hasard d’un chemin de traverse, d’une route peu fréquentée, par un jour nuageux et sans épines, sortir, traverser la haie, renverser la consigne…

Pour citer Breton encore, « Lâchez la proie pour l’ombre et partez sur les chemins ! »

Que deviendront leurs usines, leurs super-hypermarchés, leurs autoroutes, si nous sommes ailleurs ?

Sur qui vont-ils tirer, avec leurs beaux fusils, leurs grenades, qui vont-ils insulter, les grands couillons en coques de plastique, les crétins en uniformes ?

Quant à nous, nous inventerons un monde sans eux, sans hiérarchie, sans domination, sans mépris… Un monde accueillant et drôle, un monde à imaginer…

Si la barricade se dérobe comme moyen de vivre comme nous l’entendons, il nous reste la fuite, la disparition, la désertion, adieu l’usine et le bureau, adieu petits chefs et roquets de la télé !

Oh, oui, joie de voir ces écrans pérorer devant des canapés vides, ces petits fachos en cravate se donner la misère avant de sabler le champagne, devant le silence et l’absence !

Partir, déserter, laisser crever leur monde en construisant le nôtre !

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