Violence

Violence

Commençons par quelques chiffres, histoire de se glacer le sang, histoire de nourrir le sentiment de révolte légitime qui ne peut que nous habiter si l’on a un minimum d’humanité.

Au 12 septembre 2026, 64 féminicides par compagnons ou ex compagnons, 69 orphelins (dont 12 témoins).(source: https://www.feminicides.fr/statistiques-2026)

En 2045, on a compté 764 accident du travail, 318 accidents de trajet mortels, pour le régime général, et 51 pour le régime agricole en 2023.

(source : https://travail-emploi.gouv.fr/sites/travail-emploi/files/2025-12/Dossier-de-presse-securite-au-travail-decembre-2025.pdf)

La France compte 5,6 millions de personnes pauvres au seuil de pauvreté fixé à 50 % du niveau de vie médian. Ce nombre est de 9,8 millions au seuil de 60 %. La part de la population pauvre augmente. L’aggravation n’est pas récente : l’inversion de tendance date du milieu des années 2000.

(source : https://www.inegalites.fr/evolution_pauvrete_annuelle)

Trois chiffres, trois réalités, et un point commun : la violence systémique capitaliste

Le système où nous vivons est par nature violent, il détruit, il tue, il élimine, il entretient la culture du viol, il brûle les forêts et les champs…

Comment sortir de ce système délétère ?

Il y a ceux qui disent qu’en votant pour la gauche, on changera la vie, que le changement viendra par les urnes…

Il y a ceux qui pensent que seule une grève générale pourra mettre à bas ce système vampire…

Il y a ceux qui attendent le grand soir, l’insurrection finale, qui transformera à tout jamais le monde d’aujourd’hui…

Il y a ceux qui se disent qu’on ne changera plus le monde, et que tant qu’à faire, autant se séparer du monde, partir vivre sa vie ailleurs…

Dans son livre « Sous le ciel étoilé, une nuit d’été », Maria Kakogianni écrit :

« La pratique du droit et la pratique des barricades ont souvent été en lien. Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, leur lien se mêle avec la construction des refuges. Car les refuges ne peuvent être considérés comme simplement naturels. Or la construction d’un refuge est inséparable des luttes juridiques et de pratiques de droit , » *

Pour aller plus loin encore, nous devons associer barricades et refuges aux luttes révolutionnaires, au combat nécessaire à la destruction du système d’oppressions multiples, à l’extraction de valeur au profit d’une oligarchie, dans une double perspective, révolutionnaire et violente, mais aussi accueillante et protectrice.

On ne sortira pas du capitalisme sans un peu de violence, il faut se faire à l’idée qu’anéantir ce qui nous tue nécessitera destruction et violence. Que ces destructions se fassent dans la joie ne fait aucun doute, j’en suis sûr! Détruire ce qui nous détruit, quelle jubilation !

Détruire pour faire de la place à une vie nouvelle, à inventer, en plongeant dans la mémoire de ceux qui nous ont précédé, pour construire des règles qu’il n’est pas besoin d’imposer. Pour construire des refuges pour l’humain, accueillir ceux qui en ont besoin, recevoir et reconstruire, cultiver un nouveau monde, créer, complément indispensable à la destruction de la machine de mort.

Et si je ne prends pas position sur les solutions abordées plus, pour cette sortie du système, c’est qu’à mes yeux, elles se complètent, forment un ensemble : voter pour arrêter la marche du fascisme, détruire le système parasitaire, partir pour créer autre chose.

Ce ne sont pas des solutions qui s’opposent, mais différentes modalités à articuler selon le temps et les circonstances, en fonction d’une analyse et des choix finalement personnels.

Mais une chose est sûre : il est plus que temps de briser les chaînes et de choisir la vie !

* Maria Kakogianni « Sous le ciel étoilé, une nuit d’été  - Réflexions sur l’anarchie et la révolution » Éditions lundi matin

et sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=ppR9S9Gfd4o

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